En 1418, l’Infant Henri le Navigateur, fils du roi João Ier, lança une expédition pour explorer les côtes africaines dans l’espoir d’ouvrir une route vers les Indes. L’un des navires, sous le commandement de João Gonçalves Zarco, fut pris dans une tempête et dériva jusqu’à une île inconnue : Porto Santo. L’année suivante, Zarco prit officiellement possession de l’île au nom de la couronne portugaise.
En 1420, les navigateurs portugais poursuivirent leur exploration et atteignirent la baie de Machico, sur la plus grande île de l’archipel : Madère. L’île était alors totalement inhabitée, recouverte d’une végétation dense et sauvage. Pour s’y établir, les colons entreprirent un gigantesque brûlis, une opération qui dura près de sept ans afin de dégager des terres pour l’agriculture.
Les premières cultures implantées furent principalement les céréales, avec une prédominance de blé, élément essentiel pour l’alimentation locale et l’exportation. Grâce à un sol volcanique fertile, l’île devint un véritable grenier à blé pour le Portugal, jouant un rôle stratégique en période de pénurie.
Pour optimiser la culture sur un terrain accidenté, les colons développèrent un système de terrasses agricoles, appelées poios, soutenues par des murets de pierre. Ce savoir-faire ingénieux permit d’utiliser efficacement les pentes abruptes de l’île et d’éviter l’érosion des sols.
Afin d’organiser la gestion de l’archipel, Madère fut divisée en trois capitaineries, confiées aux explorateurs ayant participé à l’expédition :
Les capitaines donateurs, dont les charges étaient héréditaires, possédaient de vastes pouvoirs : administration de la justice, attribution des terres, monopole sur les moulins et pressoirs.
Les premiers habitants de Madère étaient essentiellement originaires du centre et du nord du Portugal, accompagnés de bagnards envoyés pour aider à la colonisation. Au fil des décennies, l’île attira également des Flamands, Génois et Espagnols, séduits par ses ressources et opportunités économiques.
La culture de la canne à sucre, introduite au milieu du XVe siècle, devint rapidement une activité majeure. Pour répondre à la demande croissante en main-d’œuvre, des esclaves africains furent amenés sur l’île, leur nombre atteignant environ 3 000 en 1552. Toutefois, lorsque la production sucrière déclina au profit du Brésil, une partie de cette population fut redirigée vers l’Amérique du Sud.
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